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Sortie sur les landes de Cojoux le 23 mai 2026

  • 2 juin
  • 5 min de lecture

19 personnes présentes et conditions météorologiques optimales

La fauvette pitchou : c’est l’oiseau emblématique de la lande. Petite fauvette à la queue à 45°, qu’elle utilise volontiers comme balancier lorsqu’elle se perche au sommet d’un ajonc. Il est vrai que les landes sont ventées… On retient de cet oiseau la couleur gris ardoisé foncé du dos, celle lie de vin de sa gorge (pointillée de blanc) et de son ventre. Elle n’est pas malgré tout la ʺlieʺ des oiseaux de la lande 😊 mais au contraire leur plus noble représentant.  Cela toute l’année durant puisqu’elle est sédentaire. Son œil est maquillé d’un cercle orbitaire rouge. Le chant ressemble au son d’un moulin à café mécanique d’autrefois (pour les plus anciens…). Oiseau farouche et discret mais qui nous a fait l’honneur d’apparaître plusieurs fois. Que ne ferait-on pas pour FALCO ? 😊

La fauvette grisette : visiteuse d’été venant d’Afrique qui apprécie la table et le couvert en Bretagne. Beaucoup moins discrète que la pitchou. Une exubérante que l’on découvre avant tout par son chant : une phrase ou deux ʺaigrelettesʺ, au rythme décousu avec des strophes rapides. Une ʺvoix de gorgeʺ. Elle chante parfois également en vol à l’occasion de parades ou d’un conflit territorial avec un voisin, s’élevant alors assez haut puis retombant sur son poste de chant. De la grisette au plumage terne, gris-brun, il faut retenir la gorge blanche, le cercle orbital blanc et la moitié du dos nuancée de liserés noirs et de brun-roux. À la jumelle ou mieux : à la longue vue, elle ne fait pas ʺgrisette mineʺ. 😊 C’est un oiseau vivant et remuant.

La Fauvette des jardins : migratrice elle-aussi. D’un terne comme pas possible ! Au bec assez fort pour peu que vous arriviez à la voir. Car elle est passée maîtresse dans l’art de la dissimulation. La bébête est quasiment invisible dans les buissons bas ou les arbres denses. La voir trois secondes est déjà un exploit ! Quand on a un plumage ʺneutreʺ, on ne s’exhibe pas, on se planque. En revanche, la Fauvette des jardins émet un chant plutôt riche et joli : un ʺbabilʺ incessant dans une fréquence assez peu élevée, une ʺlogorrhéeʺ aux strophes sur plusieurs gammes. Une façon de restaurer sa dignité… 

Le Pipit des arbres : lui-aussi hiverne en Afrique. Dès son retour dans les bois et forêts, clairières, landes avec arbres isolés, il s’attache à marquer sa présence (et son territoire) par un comportement spectaculaire. Il aura été l’attraction de la sortie, plus encore que la Fauvette pitchou (avec tout le respect que je lui dois…). Spectaculaire non pas par son plumage terne : dos sombre, pattes jaunâtres, poitrine chamois et ventre blanc, les deux étant rayés longitudinalement de rayures noires épaisses pour la poitrine, plus fines sur le ventre (moyen de le distinguer du Pipit farlouse). Le Pipit des arbres ne casse pas des briques, c’est certain… mais il a un chant très caractéristique émis toute la journée : une première partie qui fait penser au début du chant du Pinson des arbres, qu’il enchaîne par des séries de sons répétés et rapides au début puis plus lents pour finir par des ʺsiiya siiya siiiya tya-tya-tyaʺ très caractéristiques. Ce faisant, il va partir d’un poste de chant (arbre, buisson) au début du chant, s’élever assez haut en émettant sa ritournelle, histoire d’en imposer à un rival, puis va se laisser tomber, ailes écartées ʺen parachuteʺ, au moment des notes finales, pour se retrouver sur son poste de chant initial ou un autre tout proche. Nous avons assisté à des enchaînements de ce comportement territorial durant la sortie. Espèce « Prix spécial du Jury » à l’occasion de la balade ! 😊

L’Hypolaïs polyglotte : encore un voyageur qui nous vient d’Afrique ! ʺP’tite têteʺ, plate de surcroit, bec plutôt long : brun-olivâtre sur le dessus et poitrine et ventre jaunes (plus pâles chez la femelle). Les « lores » (espace situé entre la base du bec et l’œil) sont pâles et jaunâtres. Perché en haut des buissons, il émet un chant en style ʺtélégraphiqueʺ au débit très rapide, souvent débuté par trois notes espacées et composé ensuite de strophes quasi ininterrompues avec des ruptures de rythme. Un tel débit ne pouvait qu’en faire un polyglotte… D’ailleurs, il parle couramment l’Hypolaïs, l’Hypolaïs, et enfin l’Hypolaïs. 😊Il n’hésite pas non plus à s’élever si le chant ne suffit pas à dissuader un voisin trop entreprenant de la même espèce et d’approcher de sa ʺborne acoustiqueʺ. Oiseau qui vaut de ʺloresʺ ! 😊 😊  

Le Bruant jaune : cette espèce aurait tendance à fuir le dérèglement climatique et à remonter vers le nord. On le trouve dans les haies, les lisères forestières, les landes et clairières. La plupart sont sédentaires. Le mâle est très reconnaissable à sa tête jaune, son assez longue queue, le roux de sa poitrine et de ses flancs, le jaune de son ventre. Le dos est brun rayé de noir. Bec trapu et conique de granivore. Toute ressemblance avec le chansonnier français Aristide Bruant serait purement fortuite. 😊 Un détail important : le croupion est roux à la différence de celui de son cousin le Bruant Zizi qui est gris ; moyen efficace de différencier ces deux espèces très proches lorsqu’elles sont de dos notamment. « Tout, tout, tout, vous saurez tout sur le zizi ». 😊 Ce dernier à une bavette noire très large, un bandeau noir en travers de l’œil, le ventre jaune et les flancs roux. Les femelles des deux espèces sont difficiles à différencier : toutes deux brunes et rayées sur le ventre. Mais là-encore, regardez le croupion : roux chez Madame Bruant jaune et Gris chez Madame Bruant zizi. Il n’y a que le sot qui laisse le croupion de côté. 😊 Enfin, les deux bandes noires en travers de la tête sont beaucoup plus nettes chez la femelle du Bruant zizi que chez celle du Bruant jaune.

La Linotte mélodieuse : oiseau typique des landes sèches ou des bords de mer dans les zones de landes côtières. Si à Cojoux, la Fauvette pitchou représente ʺl’aristocratie avienneʺ, la Linotte mélodieuse représente les ʺgueuxʺ de la lande, mais des beaux gueux tout de même : mâle au front et à la poitrine rouges, dos couleur cannelle, femelles plus ternes à la poitrine finement rayée. Queue échancrée pour les deux sexes. Les linottes sont nombreuses sur la lande et connaissent une crise du logement d’où des querelles constantes. Ce sont des oiseaux très mobiles et instables, grégaires et hivernant en bandes parfois considérables. Spectacle assuré ! L’expression « tête de linotte » viendrait de ce qu’elle serait insouciante et étourdie, se faisant autrefois facilement capturer.

Tout lecteur de ce compte-rendu qui tenterait l’expérience se mettrait hors la loi… notre amie la Linotte étant strictement protégée. (Patrice Vannier) 


Accenteur mouchet

Hirondelle rustique

Alouette des champs

Hypolaïs polyglotte

Alouette lulu

Linotte mélodieuse

Bergeronnette grise

Martinet noir

Bouscarle de Cetti

Merle noir

Bruant jaune

Mésange bleue

Bruant zizi

Mésange charbonnière

Busard des roseaux

Milan noir

Buse variable

Moineau domestique

Chardonneret élégant

Orite à longue queue

Choucas des tours

Pic épeiche

Coucou gris

Pigeon ramier

Corneille noire

Pie bavarde

Etourneau sansonnet

Pipit des arbres

Faisan de Colchide

Pinson des arbres

Fauvette à tête noire

Pouillot véloce

Fauvette des jardins

Rougegorge familier

Fauvette grisette

Serin cini

Fauvette pitchou

Sittelle torchepot

Geai des chênes

Tarier pâtre

Grimpereau des jardins

Tourterelle des bois

Grive draine

Troglodyte mignon

Grive musicienne

Verdier d’Europe

Héron garde-bœufs 

Total 47 espèces

       

Crédit photo : Falco
Crédit photo : Falco

 

 
 
 

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