Oiseaux de saison à Saint Malo de Phily - 8 mars 2026
- 13 mars
- 6 min de lecture
Deux courts parcours pédestres sur le site de l’ancienne carrière de Saint-Malo de Phily et sur
les étangs du Déron.
Nombre de participants : 29
39 espèces d'oiseaux dont 10 des zones humides.
Conditions météorologiques très satisfaisantes : grisaille au début puis le soleil est rapidement
apparu.
À tout ˚saigneur˚, tout honneur ! : belles observations du couple de Faucons pèlerins sur la
carrière. Il s’y reproduit depuis 2014. Il s’agissait alors du premier couple nicheur à l’intérieur des
terres en Ille et Vilaine ! Depuis, les choses ont bien changé puisque beaucoup de sites de carrières
anciennes ou en activité sont à présent occupés par des faucons pèlerins. Les pèlerins de Saint-Malo
de Phily ont connu bien des vicissitudes : pas de reproduction en 2019 et apparition d’une nouvelle
femelle. Couvaison non menée à son terme en 2023, la femelle mourant de la grippe aviaire (après
analyse du cadavre). 2023 est aussi l’année de l’apparition d’un nouveau mâle et de deux nouvelles
femelles, l’une d’entre elles, blessée, disparaissant très vite. L’année 2025 a été dramatique pour
notre couple, les 4 jeunes ayant probablement été capturés sur l’aire par une ou des martre(s) des pins.
Depuis la première reproduction voici 12 ans, les différents couples de la carrière ont permis à 24
jeunes en tout de s’émanciper ! Ils font leur part du travail consistant à recoloniser la Bretagne.
L’espèce est en extension mais a un statut très fragile encore : elle est sensible à la grippe aviaire
(l’année 2023 a été catastrophique pour le faucon pèlerin) et aux prédations diverses et variées,
notamment celle de la martre des pins. Il semblerait en outre que dans certaines régions du monde,
en Ecosse notamment, des ʺdésairagesʺ par des gens peu scrupuleux et vénaux soient encore effectués
ou reprennent, les jeunes étant vendus (très chers) à des fauconniers dans les émirats arabes. Alors,
méfiance !
Qu’a fait le couple de pèlerins sous les yeux ébahis des premiers arrivants ce matin, en tout début
d’observation ? Le mâle a fait l’offrande d’une proie fraîche à la femelle. Le tout assorti de nombreux
cris sonores… et d’un accouplement de deux secondes (à faire passer le lapin pour un lambin… ).
L’année 2026 se présente donc sous les meilleurs auspices, mais longue encore sera la route !
Autre très belle observation sur la carrière : deux Grands corbeaux (probablement un couple mais
sans certitude) : ils sont passés du côté gauche de la carrière, plutôt discrètement, ne voulant pas
s’attirer les foudres des faucons pèlerins. Les conflits sont fréquents entre ces deux espèces. C’est la
quatrième année que nous l’observons à proximité immédiate du site, sans qu’il y ait niché. Souvent
de passage, le temps de deux ou trois jours. Le grand corbeau n’hésite pas à manger les œufs ou les
tout jeunes poussins des pèlerins, si les parents manquent de vigilance. Volontiers charognards, ils
consomment aussi les restes de proie laissés en garde-mangers par les pèlerins dans les failles de la
roche. Lorsque les deux espèces se partagent une falaise, elles offrent du spectacle aux naturalistes,
les pèlerins n’hésitant pas à attaquer les grands corbeaux, notamment à proximité de l’aire. Et
inversement ! Les deux espèces sont très territoriales ! Quelques couples de grands corbeaux
nichaient sur les falaises côtières en Bretagne mais l’espèce est en extension et s’est accommodée des
anciennes carrières, voire des carrières encore en activité pour y nicher, y compris à l’intérieur des
terres. Le grand corbeau est reconnaissable en vol à sa gorge hirsute, son bec massif, ses longues ailes
et surtout sa queue cunéiforme (en forme de coin) très caractéristique. Son cri est une sorte de ʺkrokʺ
rauque, sonore et puissant, souvent répété. L’envergure est impressionnante (de 1,15 m à 1,30 mètre).
Grosse bête ! : De 54 à 67 cm de hauteur. Il fait passer sa cousine la corneille pour une ʺminusʺ, avec
son envergure de 80 cm à 1 mètre !
Sur les étangs du Déron, peu d’espèces mais observation du Canard souchet. Si une partie de sa
population migre jusqu’en Afrique, une autre partie peut hiverner chez nous mais ce groupe d’une
dizaine d’individus était en transit, n’ayant pas été vu de l’hiver sur ce site. Très beau canard
caractérisé par son long bec aplati (le pauvre !), sa poitrine blanche, son ventre et ses flancs brun-
roux, son ʺmiroir vertʺ (tache colorée bien visible à l’arrière, sur les plumes secondaires), sa tête d’un
vert irisé pour le mâle et son œil jaune citron. En vol, cet oiseau est trapu et plus massif qu’un colvert.
Toujours alors reconnaissable à son bec démesuré (le pauvre ! ). Le souchet se nourrit de plancton,
d’insectes aquatiques, de petits crustacés et mollusques, de végétaux, parfois même de petits poissons.
Régime alimentaire éclectique. Bonne stratégie pour pouvoir survivre !
Découverte encore d’un bien bel anatidé : le Fuligule morillon. Si les morilles se découvrent sur les
sols humides des forêts de feuillus, les morillons s’observent sur l’eau . Ils fréquentent les étangs,
voire les eaux calmes des côtes. Ces oiseaux nordiques migrateurs partiels sont des hivernants dans
notre région : ils sont trapus, la tête est ronde, d’un violet irisé pour le mâle au centre de laquelle trône
un œil jaune d’or qui lui donne une tête d’ahuri, surmontée d’une huppe caractéristique, plus
accentuée chez le mâle que chez la femelle. Le bec est gris bleu-clair, court, les flancs sont blancs
chez le mâle, la poitrine est noire et le dos noir également. Il se nourrit d’insectes, de mollusques et
même de têtards ! Cette espèce est en bon état de conservation, à la différence du canard souchet qui
est en préoccupation mineure, mais préoccupation tout de même !...
Les autres espèces vues sont plus familières mais on peut toutefois citer la Bouscarle de Cetti, dont
l’explosion du chant en a surpris plus d’un lors de la sortie : très sonore, ramassé mais intense. Un
coup à se faire péter les tympans si on passe trop près d’elle ! Cet oiseau affectionne les milieux
humides des étangs jusqu’aux plus modestes ruisseaux. Il est sédentaire dans notre région. Facile à
entendre mais très difficile à voir ! Alors, à vous de jouer : si vous la voyez sans l’entendre « C’est
t’y la bouscarle ? » : oui si large queue, brun-roux sur le dessus, dessous jaunâtre, petite gorge
blanche, « lores » sombres (Késako ? Cherchez !).
Cette espèce affectionne les buissons denses : fourrés et saules où elle se cache.
Mais lors de notre sortie, vous avez pu constater que les passereaux (oiseaux chanteurs) se réveillent.
Ce furent cette fois les sédentaires, la plupart des migrateurs n’étant pas encore arrivés ; excepté le
Pouillot véloce et le Pinson des arbres, migrateurs partiels. À cette période, les jeunes nés l’année
précédente confrontent leur chant avec celui des adultes et essaient de l’améliorer. Durant toute la
sortie nous avons entendu le Pouillot véloce et son ʺtchip tchopʺ caractéristique, le Pinson des arbres
dont la ritournelle est un peu stéréotypée mais puissante. Cet oiseau est assurément l’un des plus
abondants de France et d’Europe, occupant tous Milieux. Les deux espèces étaient présentes partout
lors de notre balade, de même que le Rougegorge familier au chant sophistiqué, ʺmélancoliqueʺ,
dont les phrases semblent s’arrêter soudainement pour finalement reprendre. Oiseau jonglant entre
les aigus et les graves. Abondants également les Mésange bleue et Mésange charbonnière,
Accenteur mouchet au chant métallique et grésillant, Merle noir à la mélodie si flûtée et ornementée
(assurément l’un des plus beaux chants parmi les oiseaux d’Europe). Quelques Grives musiciennes
nous ont gratifiés de leur chant composé de quatre séquences différentes, plusieurs fois répétées, dont
elles varient l’ordre, personnalisant alors le chant. Quelques pics ont été entendus soit par
tambourinage et donc marquage territorial (Pic épeiche) que par chant (Pic vert). Nous sommes à la
pleine période de délimitation territoriale des pics et nous aurions pu en entendre plus : le pic à glace,
le pic de Hubble, le pique-assiette, le picatchou (pour les jeunes). (Patrice Vannier)
Liste des espèces :
Accenteur mouchet
Grèbe huppé
Sittelle torchepot
Bergeronnette grise
Grimpereau des jardins
Tourterelle turque
Bouscarle de Cetti
Grive draine
Troglodyte mignon
Buse variable
Grive musicienne
Canard colvert
Héron cendré
Canard souchet
Merle noir
Choucas des tours
Mésange bleue
Corneille noire
Mésange charbonnière
Cygne tuberculé
Orite à longue queue
Etourneau sansonnet
Pie bavarde
Faucon pèlerin
Pic épeiche
Fauvette à tête noire
Pic vert
Foulque macroule
Pigeon biset domestique
Fuligule morillon
Pigeon ramier
Gallinule Poule d’eau
Pipit farlouse
Pinson des arbres
Grand corbeau
Pouillot véloce
Grand cormoran
Rougegorge familier


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