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Nuit de la chouette (Langon) - 20 mars 2026

  • 2 avr.
  • 5 min de lecture

Cette année, l’animation s’est déroulée sur un nouveau site : une ferme située au cœur du hameau de La

Glénais (commune de Langon). 38 personnes étaient présentes. La soirée s’est déroulée en 4 temps :

Un temps de présentation de l’exploitation en bio (donc sans traitements chimiques des sols) par l’un

des agriculteurs associés, Yannick Gauvin, qui y travaille avec son collègue Julien Colin. Il s’agit d’un

élevage de vaches laitières et de veaux. Un grand merci à eux !

Les trois quarts de la surface sont en prairies multi-espèces semées et le reste est réparti entre des

céréales d’hiver en mélange et du maïs. Le paysage est très varié : champs ouverts, parcelles récemment

plantées en agroforesterie (châtaigniers, cormiers, pommiers sauvages…), bosquets, parcelles de marais,

mares, haies d’arbres anciennes (frênes, saules, chênes) plantation de haies récentes pour recréer des

corridors écologiques et des habitats. Les deux agriculteurs tiennent à reconstituer une zone riche en

biodiversité. Précisons que deux membres de l’association FALCO : Jean Lesourd et Patrice Vannier

effectuent des comptages ornithologiques sur l’exploitation pour la quatrième année consécutive. Outre le

nombre d’espèces, les contacts par espèce et par année sont également comptabilisés. À ce jour, 79

espèces ont déjà été recensées sur le site, ce qui est considérable ! Preuve qu’une agriculture

respectueuse de l’environnement contribue à recréer de la biodiversité !

Une présentation de l’association FALCO de Saint-Malo de Phily par sa Présidente Agnès Moulin-Girard.

L’association fête d’ailleurs ses 10 ans d’existence cette année, fondée et animée par des passionnés des

oiseaux et de Nature. Saint-Malo de Phily accueille depuis 2014 le premier couple de faucons pèlerins

nicheurs à l’intérieur des terres en Ille et Vilaine, hors littoral. Il vit toute l’année sur le site, le cycle de

reproduction commençant en février pour s’achever fin juillet-début août avec l’émancipation des jeunes.

Un diaporama commenté : Il s’agit d’une excellente réalisation, conçue par la LPO (Ligue pour la

Protection des Oiseaux) : très complète, posant bien la problématique que subissent les rapaces nocturnes

en France, montrant leurs mœurs, notamment pour les cinq espèces présentes en Bretagne. Mais le

montage va plus loin : au-delà des menaces précisément exposées, il propose des solutions pour la

protection des rapaces nocturnes, solutions touchant aussi à la préservation des milieux naturels pour tout

le Vivant en général. Des chiffres furent apportés sur les populations de rapaces nocturnes, les derniers

comptages datant de 2024. Des éléments supplémentaires ont été fournis sur telle ou telle espèce, des

anecdotes également. Le tout devant une assemblée particulièrement attentive répondant à certaines

questions ou devant identifier des espèces présentées.

Un texte sur toutes les espèces de rapaces nocturnes nicheurs de France est joint, en plus de ce

document…

Une sortie sur le terrain : c’était le moment attendu par tous : passer au concret… et quel concret ! Il n’a

pas fallu aller très loin : dans la ferme même une « repasse » a été faite. Késako ? : cela consiste à faire

entendre à une espèce donnée son chant (le chant du mâle). Ce qui la fait bien vite réagir si l’on est dans

son territoire car un ʺintrusʺ s’y trouve, ce qui est intolérable pour l’occupant des lieux. Et comment l’espèce

va-t-elle réagir ? En chantant elle-aussi et s’approchant de l’intrus pour l’intimider. Donc, dans la ferme,

repasse à la Chevêche d’Athena : très vite, la femelle est arrivée en criant suivie par le mâle. Nous avons

été gratifiés d’allées et venues des deux avec cris de contact du mâle et de la femelle ainsi que du chant du

mâle par moments. Il se caractérise par un sifflement doux et traînant, assez grave et légèrement montant

sur la fin : « tououououit ». Quant aux cris de contact, ils tiennent plus du chien qui jappe : des « ouiyou,

ouiyou » ou encore des « kii-ou ». Il faut vraiment s’imaginer que le comportement territorial est plus fort

que la crainte d’un groupe de 38 personnes. C’est donc une source de stress. Nous pouvons nous le

permettre une fois, dans le cadre d’une animation, mais pas dix fois !... Donc les repasses sont à utiliser

avec une grande parcimonie pour ne pas perturber les oiseaux !

Nous nous sommes alors déplacés à l’extérieur du hameau mais toujours sur les terres de la ferme pour

faire une repasse à l’Effraie des clochers. Le chant servant pour la repasse est le chant territorial du mâle.

Un son littéralement déchirant, vraiment dissonant, peu agréable pour nos tympans, il faut bien l’avouer…

un « chrrriiiiiiiiiiiiiiih » de 2 à 3 secondes, très souvent répété en fonction du degré d’excitation et de

mécontentement. Le mâle s’est littéralement pointé dès la fin de la repasse et a émis son chant d’emblée,

tout en tournant autour du groupe plusieurs fois, à quelques mètres. Moment magique et impressionnant

qui nous a fait mesurer à quel point cet oiseau pourtant si utile a pu susciter un sentiment de peur puis de

rejet dans des temps anciens jusqu’aux années 1960, traînant comme une casserole sa réputation d’oiseau

malfaisant, annonciateur d’une mort prochaine.

Nous avons poursuivi notre balade sous la voûte étoilée, les conditions étant idéales, pour tenter une repasse à la Chouette hulotte… qui n’a rien donné dans un premier temps alors que cet oiseau est d’ordinaire facile à ʺcontacterʺ. Nous nous sommes déplacés plus loin sur les chemins d’exploitation et avons finalement pu entendre au moins trois chouettes hulotte mâle, émettant leur hululement caractéristique « hou…hou’ hou’ hou’ houououououououh ! ». Nous avons également entendu des « ké-vit aigus », souvent répétés : cris de contact entre mâles et femelles.

Nous avons enfin tenté de dégotter le Hibou Moyen-Duc : la repasse n’a rien donné. Cette espèce est très discrète. Le chant du mâle ne porte pas loin : juste des « ouh » brefs, répétés, d’une portée de 50 m. La femelle chante parfois en duo avec le mâle. Quand certaines femelles ont commencé à pondre, les mâles se font plus discrets.

Et pour certains le cycle de reproduction n’est pas encore lancé, le meilleur mois étant le mois d’avril. Mais tôt ou tard nous découvrirons le Moyen-Duc sur cette exploitation.

Nous avons donc écouté dans ce petit secteur trois des quatre principales espèces nicheuses en Bretagne, preuve que le milieu leur convient. Le tout sur un petit espace. Preuve que cette exploitation a contribué à enrichir la biodiversité du site ! En effet, les rapaces nocturnes comme diurnes sont d’excellents indicateurs de biodiversité, se situant en haut de la chaîne alimentaire.

3 espèces sur 4, ça fait 75% des espèces (cela fait plus sérieux, annoncé de la sorte…).

Oui, vous avez assurément bien fait de préférer la « Nuit de la Chouette » à la « Nuit de la Couette » ! (Patrice Vannier)


Synthèse du diaporama (Patrice vannier)


Crédit Photo : Jean Lesourd
Crédit Photo : Jean Lesourd

 
 
 

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