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Journée Falco - 16 juin 2024

  • 12 janv.
  • 5 min de lecture

25 personnes étaient présentes. La journée a été en fait réduite à une demi-journée : en effet, nous avions prévu l’après-midi d’observer des busards cendrés (rapace rare venant d’Afrique). Un seul site était observable mais le groupe aurait été trop près du nid de busards, pouvant occasionner un dérangement. Ceci à un moment, l’après-midi, peu favorable aux observations, les busards étant très discrets à cette période de la journée quand les jeunes ne sont pas encore nés. S’agissant des autres nids, ceux-ci ont connu bien des malheurs : prédation naturelle pour deux nids (busards Saint-Martin) et deux destructions de pontes dues à la fauche d’herbe par un agriculteur non coopérant (un nid de busards cendrés et un nid de busards Saint-Martin). Mauvais choix cette année pour ces busards que de nicher dans des parcelles en herbe, fauchées les premières !

Nous souhaitions encore vous montrer un couple nicheur de faucons élanions blancs mais malheureusement le nid a été abandonné par le couple une semaine avant l’animation. Sans doute une prédation des œufs ou des poussins par des pies ou corneilles noires. Décidément par de chance cette année ! Où l’on voit que mener à terme une nichée n’est pas une chose facile !

Nous envisagions enfin de vous montrer des gnous, mais nous avons abandonné bien vite cette idée… comme quoi on a la tête sur les épaules, à FALCO !

Par contre, les faucons pèlerins (l’emblème de notre association) nous ont offert un beau spectacle le 16 juin. Nous avons tout d’abord retrouvé les parents : un jeu d’enfant évidemment !...Le mâle tout d’abord, bien contrasté :"cire" du bec bien jaune tout comme les serres, gris-clair, poitrine barrée de gris. Il s’est d’ailleurs bien vite "barré". Puis la femelle, plus brune et forte que son gringalet de compagnon, au capuchon noir bien enfoncé sur la tête. Le jeu a consisté ensuite pour les participants à repérer les jeunes pèlerins. Ce qui fut une toute autre paire de manches ! Ils étaient quatre au départ, ces jeunots, quatre adorables boules de duvet blanc sur le nid, "peluches de l’extrême"… et quatre ils furent à prendre leur envol. Mais très vite l’un d’entre eux a manqué à l’appel et a disparu. Accident lors des premiers vols (cela arrive…) ? Parasitisme interne ? Nous ne saurons jamais. Mais quel dommage ! C’était la première fois que quatre jeunes pèlerins avaient été élevés jusqu’aux premiers vols sur la carrière. Le maximum de jeunes que nous ayons eu jusqu’alors étant de trois au mieux.

Un juvénile de faucon pèlerin est parfaitement mimétique avec son environnement : larges rayures noirâtres et longitudinales sur le dessous, dessus brunâtre avec plumes du dos à étroit liseré pâle, couleur ocre de la poitrine et joues "sableuses" sous les moustaches. Il est très difficile de repérer un jeune posé dans la carrière car il a les couleurs de l’ocre et de la roche gréseuse et schisteuse. Ou encore il se confond avec les branches d’arbres et notamment des pins. Il nous a fallu du temps pour les retrouver tous les trois. Deux perchés et dispersés dans les grands pins du site et un autre sur une ligne de taille. Heureusement, ils ont volé par moments, parfois seul, parfois de concert, à deux ou même à trois, criant volontiers alors. Le vol d’un jeune pèlerin est "pataud" : son premier plumage n’est pas encore aussi perfectionné que celui de ses parents, les ailes sont plus larges et arrondies, la queue souvent étalée en vol n’a pas fini sa croissance. Bref ils ont encore beaucoup à apprendre, ces juvéniles, bien qu’ils progressent très vite. La Nature se chargera de leur fournir une "carlingue" plus sophistiquée dans les 6 à 8 mois suivants, adaptée à la vitesse et aux acrobaties aériennes. Hormis ce vol très différent de celui des adultes, un jeune en vol est reconnaissable à la barre transversale qui borde l’extrémité de sa queue. Nous avons eu droit à des "vols-jeux" entre ces adolescents : poursuites, quelques loopings et même du "serres à serres". « À quoi ça "serres à serres" que les jeunes y se décarcassent » ? Hé ben, ça sert à apprendre tout en jouant : les techniques de chasse, celle de passage de proie en vol, les poursuites également, tous moyens bien utiles lorsque les couples sont formés. Il s’agit d’un apprentissage ludique qui va voir au fil des jours le vol progresser considérablement (avant l’émancipation au bout de deux mois), qu’il soit battu ou plané. Parmi ces jeunes, on n’a donc plus que deux mâles cette année et une femelle. Ils sont faciles à différencier, la femelle étant plus grosse d’un tiers que le mâle. D’où le nom de « tiercelet » pour ces derniers. Ceci n’est pas un hasard et permet que mâle et femelle ne soient pas en compétition alimentaire hors cycle de reproduction, le mâle s’attaquant à des oiseaux plus petits que la femelle. L’évolution a bien fait les choses : pas de concurrence intra spécifique ! Nous avons même pu observer une "chasse-jeu" par la jeune femelle qui a poursuivi en vol un pic vert et à bien failli le "cravater".

Un seul regret cependant le temps de notre observation : nous n’avons pas eu la chance d’observer comme la fois précédente avec l’Association de Crozon, un apport de proie aux jeunes par les adultes avec passage de la proie en vol.

S’agissant des autres espèces, signalons quelques chants de passereaux, quoique la saison des chants soit en passe de s’achever : pouillot véloce, grive musicienne, merle noir, fauvette des jardins (très active encore à chanter), difficile à voir mais des plus "bavardes", fauvette à tête noire (beaucoup plus discrète à présent), chardonneret élégant, tourterelle des bois et l’inénarrable pigeon ramier (au chant un tantinet ronflant et "gonflant"…).

Belle observation également d’une bondrée apivore (visiteuse d’été se nourrissant de larves d’hyménoptères : abeilles, bourdons, frelons…). Vol assez haut, sans doute territorial, voire de parade. Cet oiseau se distingue en vol de la buse variable par ses bandes serrées sur la partie claire du dessous des ailes, et par ses bandes transversales sous la queue, sa silhouette plus fine, sa petite tête et enfin par la position de ses ailes légèrement "tombantes" en vol. Critères que bien sûr tout le monde aura repérés (hin hin hin …).

Un pique-nique en salle a conclu cette matinée, tout près de l’église sur le toit de laquelle chantait le rouge-queue noir. Un passereau qui "déchire" de son chant l’espace sonore. Voilà un oiseau rupestre à l’origine qui a colonisé tours et châteaux au fil du temps et que l’on trouve assez communément dans les vieux villages et bourgs, dans les vieilles pierres, à la recherche de cavités pour nicher. Un commensal de l’homme en quelque sorte. Pour une fois que l’homme fait œuvre utile !...(Patrice Vannier)

Crédit Photo : Agnès Moulin
Crédit Photo : Agnès Moulin

 
 
 

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