Engoulevents - 6 juillet 2024
- 12 janv.
- 3 min de lecture
21 personnes ont participé à cette balade crépusculaire.
L’animation s’est déroulée en deux temps : une observation des faucons pèlerins sur la carrière du Clos Pointu de Saint-Malo de Phily et une attente du très ponctuel "engoulevent de 22H20, voie numéro 1" ("accès au quai" à partir de 22H15), sur une grande lande appartenant à des propriétaires privés, non loin de là
Pèlerins : observation des adultes : femelle perchée, majestueuse, "royale" et mâle en vol puis perché, "princier". Plumage plus contrasté que celui de la "Reine-mère". Observation également des jeunes, posés sur des lignes de taille de la carrière ou "branchés" dans des pins. Particulièrement mimétiques, que ce soit de dos ou de face : bruns sur le dos avec plumes du dos entourées de liserés blancs caractéristiques des juvéniles, queue barrée de blanc à son extrémité également, poitrine rayée longitudinalement. Si le plumage est discret, les manifestations sonores des jeunes le sont beaucoup moins : quelques cris aigus, notamment en vol, seul ou à deux. Cette fois-ci, les trois jeunes n’ont pas volé simultanément mais ils se préparaient à passer la nuit sur la roche de la carrière et le moment n’était plus aux jeux…
Engoulevents : dans une très belle lande au crépuscule : après qu’un engoulevent ait émis un bref "chant de signalement" à 22H20, le groupe a pu voir à 20 mètres un mâle (puisque chanteur) se placer sur une branche basse de chêne, dans le sens de celle-ci, et y stationner ainsi en chantant une bonne dizaine de minutes, sa silhouette de figurine en papier s’y découpant parfaitement. Il faisait encore assez clair et nous avons pu admirer son plumage écailleux, se confondant à merveille avec l’écorce. Une chance peu fréquente donnée à chaque membre du groupe par le jeu de la circulation des jumelles. Ce mâle est parti un court moment lorsqu’une femelle a surgi à proximité, volant alors vers elle, mais il est revenu un temps sur la branche basse du dessous ! D’autres chants de mâles ont été entendus plus loin avec ce bruit de moteur caractéristique façon "compétition" de "vélos solex". Des individus ont tourné à plusieurs reprises autour du groupe, paradant parfois ou entretenant les liens au sein du couple, le mâle faisant claquer ses ailes ; mâle aux taches bien blanches sur le dessous des ailes et sur les bords de la queue, par-dessous itou. Quel vol ! Avec crochets brusques, moments de "sur-place", changements de direction. Le tout dans un silence absolu. Rien à envier aux rapaces nocturnes ! À propos, un oiseau trapu et massif est passé juste au-dessus de nos têtes, poursuivi par un engoulevent : moment magique. Il s’agissait d’une chouette hulotte que nous avions entendue chanter un peu avant et qu’un engoulevent "raccompagnait" au-delà de son territoire. On n’est jamais trop prudent…
Un beau spectacle sonore et visuel qui a duré une bonne demi-heure. Ensuite les engoulevents sont partis s’alimenter au-dessus de la lande : ce sont de gros consommateurs de papillons de nuit et coléoptères passant à portée de leur bec très court mais à la large ouverture, d’où le nom d’engoulevent. Le spectacle était fini. Nous avons quitté le site.
Je tiens à souligner la grande discipline du groupe d’observateurs, bien sagement assis au sol ou sur des pliants, soucieux de bien capter le chant de l’engoulevent en plaçant leurs mains derrière les oreilles pour amplifier le son. Une secte est née : celle des adorateurs de l’engoulevent. Signe particulier ? Les mains derrière les oreilles. (Patrice Vannier)


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